Une main d’enfant qui raconte une autre histoire

Et là, elle voit ce que personne n’avait remarqué auparavant : autour de son poignet, des marques circulaires, profondes, anciennes. Pas une cicatrice isolée, mais un véritable anneau de peau marquée.
Grâce à ses connaissances en histoire sociale, Sarah comprend aussitôt : cette enfant a porté des entraves métalliques pendant longtemps. Les années ne les ont pas effacées. Sur ce portrait de famille, sa main révèle un passé que le reste de l’image tente de dépasser.
D’un coup, la photo cesse d’être un souvenir ordinaire : elle devient un document vivant de la transition entre l’esclavage et la liberté.